(5 ans après, une suite...) ^^ (Et toujours pas de façon de centrer je crois)
Chapitre 4 : La vieillesse, ou la Mort dans l'AmeC'est un trou du Lorndor où chante une rivière
Arrosant follement de gerbes les haillons
Sanglants, où le Démon de sa prison de fer,
Crie ; c'est un (Sando)val qui bouse sur les Avalons.- Il est temps d'honorer ta parole, Malgr. Tu ne peux plus reculer maintenant, alors fais face à ton destin !
- Qu'il est aisé de dire cela quand on est du côté des vainqueurs, Parnmourn. Tu sais bien que ce que tu demandes est divinement impossible.
- Impossible n'est pas hordeux ! Et comment ai-je fait, moi, durant toutes ces décennies avec ce fardeau sur les cornes ? Une fois un pied du mur, me suis-je... plainte ? (ndlr : à relever ici, un jeu de mot fait "maison")
- Oui, tu n'as pas arrêté de te plaindre de lui.
- Qu'importe : pari sera toujours pari. Tu as perdu. Tu prends ton lot.
Et sur ce dernier mot, Parnmourn fit porter son dernier mort. Il était enrubanné des cornes aux sabots, tel un présent déjà au passé. Il voguait sur le
Canoë Rose (où l'on oublie qui l'on était, où l'on n'a plus jamais peur, où l'on se dit qu'on n'était pas vraiment fait pour le rôle... où l'on pleure plus que le saule), au beau milieu du fleuve carré, dont les Héros Chroniques se demandent encore par quel mystère il s'écoule. Il était porté par le courant, sous l'œil du PJ Harvey qui semblait composer une ode à
la rivière.
Un vieux tauren, gueule ouverte, tête cornue
Et l'anus saignant d'un frais frisson bleu,
Dort : il est entendu dans l'eau, sous la nue,
Pâle dans son pagne vert où la poussière pleut.Au clapotis de l'eau répondait les claquements de dents de Malgr :
- Non ! Je ne pourrai pas ! Je ne survivrai pas à cela !
- Souviens-toi que tu es Immortel, lui chuchota la déesse Tauren dans un sourire de soulagement.
- Mais eux aussi sont immortels ! Et tant qu'ils ne formulent pas le vœu de quitter le Lorndor, nous sommes condamnés à les y ramener sans cesse et à rester là, Nous, avec eux, et à nous en occuper ! Pourtant CerDA sait qu'on a œuvré pour leur départ à tous !
- Je sais que c'est dur, lui dit Parnmourn en lui tapant sur l'omoplate. Je suis passée par là aussi. Oh il m'en a fait baver, ce bovin ! J'ai tout supporté, tout ! Les prières à questions, les offrandes à requêtes, les sautes d'humeur, les idées saugrenues, les râleries pour un rien, les inventions à bouser, les plaisanteries ridicules, les chants d'honneur... quelle horreur !
A ces mots, Malgr se prit la tête à pleines phalanges et hurla comme en proie au (Louis) Trio :
- Non, non, tout mais pas ça, tais-toi, tais-toi, non ne raconte pas ça ! Oh non, non, non, tais-toi !
- Allez, allez, courage. Tu pourras tenter de déposer la Soucoupe Dorée à ses pattes, sait-on jamais... Et puis tu sais, Calaelen a bien hérité des Elfes, alors estime-toi heureux.
Malgr reprit courage à cette pensée, et Parnmourn lui asséna le mot de grâce :
- Maintenant il est temps : comme promis tu le ramènes à ta Non-Vie et tu le prends parmi les Tiens, que ce soit en zombi ou en bison, peu importe.
Les pattes comme ses aïeuls, il dort. Souriant comme
Meuglerait un jeune veau malade, il fait un somme.
Parnmourn, berce-le chaudement, il a froid !
Les tavernes ne font plus frissonner ses naseaux
Il dort d'un long sommeil, une hache dans la poitrine,
Tranché. Il a cent trous rouges au côté droit.Malgr s'exécuta et il releva le cadavre tauren qui gisait là et qui revint à la vie comme il l'avait quittée, dans un râle :
- Par les cornes du Grand Grumpf, qu'est-ce que c'est que toutes ces bandelettes ! Ah c'est pas vrai : ma faux !
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Regardant autour de lui, l'ancien tauren posa son œil de bœuf sur les deux divinités qui papotaient tout en lévitant (et en l'évitant) :
- Pa... Pa...
- Hé, Malgr, écoute : il te prend pour son père... se gaussa la déesse Tauren.
- Pa... Parnmourn ! Vous ici ? Ma déesse, dans quel état m'avez-vous laissé ? Et que fait cette chose informe à côté de Vous ?
- Tu vas voir ce qu'elle peut faire, la Chose Informe ! tempêta Malgr en levant un bras décharné d'un air acharné.
Parnmourn l'arrêta net :
- Non. Ce serait trop facile. De tout temps les insultes de nos créatures ne nous ont jamais atteintes car elles ne sont que le reflet de leur ignorance. Ignorance dans laquelle nous les maintenons, d'ailleurs.
- Alors écoutez-moi bien, madame de "Maintenons" ! Non seulement je vais garder cette créature un temps parmi les Miens, mais qui plus est je vais m'en occuper. A commencer par lui redonner forme hordeuse, et même en acceptant de soulever quelque peu le voile du Savoir. Et sans ruminer. Moi.
Et telle une Lune Rousse, Parnmourn s'éclipsa pour laisser la chose face à son Maître :
- Je suis Malgr. Tu es des Nôtres maintenant. Ta créatrice t'a... cédé... Te voici Non Mort désormais.
- Mais... Mais...
- Voyons, Parnmourn n'est pas si âgée. Dis-moi ton nom.
- Sandoval...
- Très drôle. Mais ton vrai nom ?
- Ben... Sandoval...
- Décidément, je ne me ferai jamais aux noms taurens. Bien, Sang d'Ovale, je t'accorde le droit de me poser une question sur ce monde. Je t'écoute...
- Une seule question ?
- Oui. Et maintenant, adieu, et fais honneur à la Non Vie !
- Attendez !
- Oui ?
- Non, ça vous me l'avez déjà dit.
- Quoi ?
- Ben oui.
- Qui ?
- Vous.
- Moi ?
- Qui d'autre ?
- Arrête ça tout de suite, insignifiante créature sans chair et de sang.
- Oui, d'ailleurs si vous pouviez m'arranger ça...
Divines promesses n'engageant personne, c'est d'ailleurs pour cela qu'elles sont le plus souvent tenues, la non moins non morte déité accomplit son vœu et transforma le cadavre parlant en "Mort Debout à Deux Cornes", le débarrassant de la petite vermine qui le parcourait. Espérant en avoir fini avec ces basses besognes et un dialogue horripilant, Malgr sortit de sa besace un peu de poudre d'escampette, quand... :
- Grand merci, Tout Puissant Malgr ! Mais dites, je vous ai entendu parler avec Parnmourn là, de lever les voiles sur un radeau...
- Lever le voile, petit être. Un rideau, peut-être...
- Oui, je me suis grumpfé. Mais Divine Maîtresse, avant de m'abandonner ici, m'avait promis de me guider vers la personne que je cherche, en échange de six lances.
- De silence, je pense. De silence...
- Oui, c'est ce que je dis. Mais pourquoi m'avoir guidé dans vos humérus et laissé choir ? (ndlr : ici, un jeu de mot qui décoiffe)
- Qui cherches-tu ?
- Une elfe argentée, nommée Hope Sandoval. Ou Hope tout simplement. Avec de grandes ailes.
- Tu as déjà vu des elfes avec des ailes ?
- Heu... Non...
- Et tu ne te poses pas la question ?
- Non, en général c'est aux autres que je pose des questions, j'aime bien.
- Sois assuré que tu es le seul à trouver cela amusant. Ta Hope n'est pas une elfe, elle est des Nôtres.
- Elle a bu son ver comme les autres ?
- Hein ?!
- Non, pardonnez, j'ai encore quelques souvenirs taurens en tête... Des Nôtres, c'est-à-dire ?
Et dans un rictus de délivrance, Malgr disparut en laissant flotter ces paroles :
- Demande à Lilith...